Joal, modèle de conservation : l’Aire marine protégée déjà reboisée à 80 %
À l’occasion de la Journée mondiale des océans, l’Aire marine protégée de Joal a été présentée comme un modèle de conservation. Plus de 200 bénévoles ont planté 10 000 propagules de mangrove, portant à 80 % le reboisement de ses 1 030 hectares.
La Journée mondiale des océans a été célébrée ce dimanche à Fadial, dans la commune de Joal-Fadiouth, par une vaste opération de reboisement de mangroves et la remise du rapport « Justice pour les océans et les peuples » de Greenpeace Afrique aux autorités de l’Aire marine protégée (AMP) de Joal. Plus de 200 bénévoles ont mis en terre 10 000 propagules de mangrove sur un hectare.
Le conservateur de l’AMP, le capitaine Assane Diallo, a souligné que Joal fait figure de modèle : « Sur les 1 030 hectares que compte l’aire protégée, 80 % ont déjà été reboisés. Les populations sont conscientes de l’importance de la mangrove, ce qui explique l’absence de coupe de bois dans cette zone. » Il a salué l’engagement d’Abdou Karim Sall, président des AMP et de l’association AGIRE, qui a contribué à la restauration de 6 000 hectares de mangroves au Sénégal et a été distingué meilleur reboiseur du pays. Selon EMedia, cette distinction a été remise lors d’une cérémonie officielle à Dakar.
Abdou Karim Sall a insisté sur la nécessité d’impliquer les jeunes : « Nous ne pouvons pas surexploiter nos ressources et ne rien laisser aux générations futures. » De son côté, Amadou Oumar Touré, chargé de campagnes à Greenpeace Afrique, a rappelé que le thème de l’année, « Réaménager les relations avec les océans », trouve une illustration concrète à Joal. Il a annoncé que le Sénégal accueillera prochainement le Congrès mondial des Aires marines protégées, « preuve de la reconnaissance internationale de ses efforts », a-t-il déclaré.
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte où le Sénégal a validé le 15 mai 2026 sa Stratégie nationale des Aires marines protégées 2026-2030, visant à faire des océans un levier contre la pauvreté, l’insécurité alimentaire et le changement climatique, face à la raréfaction des poissons, l’érosion côtière et la pression croissante sur les écosystèmes marins. Par ailleurs, dans les AMP de Bignona, le projet Natur’ELLES déploie trois plateformes flottantes pour lutter contre la coupe illégale de bois et la surpêche dans les mangroves, en partenariat avec l’UICN, SOCODEVI et le soutien du Canada.
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