Lutte contre les MGF à Sédhiou : des « avancées significatives » mais des croyances toujours ancrées
Une étude du programme TGG-ALM dans la région de Sédhiou fait état d'avancées significatives dans la lutte contre les mutilations génitales féminines, grâce à l'implication de l'État et des communautés. Malgré une meilleure connaissance de la loi, les croyances sociales restent profondément ancrées.
Des « avancées significatives » ont été enregistrées dans la lutte contre les mutilations génitales féminines (MGF) dans la région de Sédhiou, selon une étude du programme TGG-ALM (The Girl Generation – Africa Leadership Movement). L’initiative, qui vise à accélérer l’abandon de cette pratique et à autonomiser les femmes et les filles, a été évaluée lors d’un atelier tenu mardi.
« Même si les objectifs n’ont pas été atteints à 100 %, des avancées significatives ont été enregistrées », a déclaré Germain Makouré, responsable des subventions de l’ONG Option, cité par l’APS. Selon lui, l’un des acquis majeurs réside dans la « forte collaboration » avec les services déconcentrés de l’État et « l’implication active » des communautés. Le programme a permis de former des groupes de jeunes filles, notamment des survivantes, qui se sont distinguées par leur engagement et leur leadership.
Mis en œuvre pendant quatre ans dans quatre régions du Sénégal (Tambacounda, Kédougou, Kolda et Sédhiou), en collaboration avec l’Association pour la médecine et la recherche en Afrique (AMREF) et plusieurs organisations locales, le programme a également renforcé les capacités des structures locales. L’étude préconise une meilleure sensibilisation des leaders religieux, du personnel de santé et des autorités locales pour créer des « champions communautaires » capables d’influencer durablement les comportements.
Docteur Ramatou Ouédraogo, représentante de l’African Population and Health Research Center, a présenté les résultats de l’évaluation indépendante. Basée sur des enquêtes qualitatives et quantitatives, l’étude met en évidence une amélioration des connaissances sur les MGF et un renforcement du leadership des jeunes filles. Cependant, « malgré l’augmentation des connaissances, les croyances restent profondément ancrées et continuent d’influencer les attitudes », a-t-elle souligné, recommandant d’intégrer davantage d’actions visant à transformer les normes sociales.
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Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement régional plus large : le Sénégal, la Gambie et la Guinée-Bissau ont uni leurs forces pour éradiquer les MGF d’ici 2030 via le protocole de Janjanbureh. Par ailleurs, un colloque scientifique international sur les MGF se tiendra à Dakar le 6 février 2026, sous l’égide des autorités sénégalaises, réunissant experts nationaux et internationaux pour faire le point sur la prévention et la réparation.
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