Plus de 6 100 km/h : la France officialise le missile nucléaire hypersonique qui équipera le Rafale F5
Un an après avoir été esquissé par Emmanuel Macron, le programme de missile nucléaire hypersonique ASN4G entre dans sa phase industrielle. La DGA a officiellement confié son développement à MBDA pour équiper le futur Rafale F5 d’ici à 2035, garantissant la crédibilité de la dissuasion française face aux nouvelles défenses adverses.
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C’était un sujet très sensible et éminemment régalien que le président de la République avait effleuré lors de sa visite sur la base aérienne de Luxeuil-Saint-Sauveur en 2025 : l’arrivée future d’un missile nucléaire hypersonique dans les forces aériennes françaises.
Un an après les déclarations d’intention, ce programme hautement stratégique franchit une étape concrète, passant du cap politique aux réalités industrielles.
En effet, la Direction générale de l’armement (DGA) a officialisé la notification du marché de développement du missile Air-Sol Nucléaire de Quatrième Génération (ASN4G) au constructeur MBDA, l’un des géants de la défense en Europe.
L’accord-cadre de réalisation, signé le 2 juin 2026 et publié ce 11 juin, marque le véritable démarrage de la phase de conception de l’engin. Il ne s’agit donc plus d’études prospectives, mais de faire émerger l’arme qui portera la composante aéroportée de la dissuasion — aux côtés de la composante océanique — pour les prochaines décennies.
Le calendrier reste inchangé : la mise en service de l’ASN4G reste programmée à l’horizon 2035. À cette échéance, ce missile devra remplacer définitivement le missile ASMP-A rénové (Air-Sol Moyenne Portée Amélioré), qui constitue l’actuel outil de la force de frappe aérienne française. Lui aussi vient des usines de MBDA.
Si l’on associe généralement la dissuasion nucléaire aérienne aux seuls avions de l’Armée de l’air et de l’espace, il s’avère qu’elle implique aussi un autre acteur : la force aéronavale nucléaire. Liée à la Marine nationale, elle mobilise, elle aussi, des avions de chasse — de type Rafale M — qui sont en capacité de transporter ces missiles.
Autrement dit, l’ASN4G (et l’ASMP-A rénové) n’a pas été pensé pour être accroché à des avions décollant de bases terrestres. Il pourra aussi être déployé à bord du porte-avions, en pleine mer, et monté si besoin sous les ailes des chasseurs de la Marine.
En raison de l’horizon de déploiement, ce futur missile ne sera pas associé à n’importe quel Rafale. La Direction générale de l’armement rappelle qu’il sera exclusivement emporté par la prochaine version de l’avion de combat de Dassault Aviation, le Rafale F5. Ce standard, attendu vers 2030, doit être une véritable révolution pour l’aéronef.
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