100 organisations de la société civile interpellent Diomaye Faye sur la parité bafouée
Cent organisations de femmes et de défense des droits humains dénoncent la sous-représentation féminine dans le gouvernement Lô (4 femmes sur 30 ministres) et demandent une audience au président Bassirou Diomaye Faye.
« Rien ne justifie leur sous-représentation persistante aux plus hautes sphères du pouvoir. » C’est le cri d’alarme lancé par une coalition de cent organisations de la société civile sénégalaise, réunies dans une déclaration solennelle. Associations de femmes, mouvements de défense des droits humains et réseaux professionnels dénoncent la faible présence féminine au sein du gouvernement Lô, composé de seulement quatre femmes sur trente ministres, dont deux occupent des postes de ministres déléguées.
Parmi les signataires figurent des poids lourds de la lutte pour l’égalité : l’Association des Juristes Sénégalaises (AJS), le Réseau Siggil Jigeen, le Conseil sénégalais des Femmes, Amnesty International Sénégal, la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO), ou encore l’Association des Femmes Africaines pour la Recherche et le Développement (AFARD).
Au-delà du constat, les signataires interpellent directement le chef de l’État. « Nous exprimons notre volonté constructive de rencontrer le Président de la République et de lui présenter un tableau complet des préoccupations légitimes des Femmes sénégalaises », écrivent-elles. Elles réclament des mesures correctives immédiates pour renforcer la présence des femmes dans les postes ministériels et hautes fonctions publiques, le respect de la loi sur la parité et des engagements internationaux du Sénégal, ainsi que la mise en place de mécanismes institutionnels garantissant une participation durable des femmes aux processus de décision politique.
La déclaration souligne qu’aucune femme n’est à la tête d’un ministère de souveraineté, une situation jugée alarmante. « Les femmes constituent près de la moitié de la population sénégalaise et jouent un rôle déterminant dans le développement économique, social et politique du pays », rappellent les organisations, qui voient dans cette sous-représentation un déni de compétences féminines reconnues sur la scène internationale.
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Cette mobilisation intervient alors que, comme le rapportait Seneplus, la loi sur la parité au Sénégal vise principalement les élus et non les postes de nomination stratégique. Fatoumata Gueye Ndiaye, présidente d’honneur de l’AJS, avait plaidé en mai 2026 pour une révision de la loi afin de faciliter l’accès des femmes aux hautes fonctions de décision, lors d’un atelier sur la participation politique des femmes.
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