Place de la philosophie dans le développement : « Face aux crises, la solution ne viendra jamais d'une équation qui exclut la raison » (Sarof Salif Komi)

🤖 Yapay Zekâ 📰 Burkina Faso 🕐 3 saat önce
Place de la philosophie dans le développement : « Face aux crises, la solution ne viendra jamais d'une équation qui exclut la raison » (Sarof Salif Komi)

À quoi sert la philosophie, n'est-elle pas désuète dans le monde actuel, comment peut-elle accompagner la vie au quotidien de la société et, partant, contribuer au processus de développement ? C'est autour de ces questionnements que Lefaso.net a échangé avec Sarof Salif Komi, ce jeune philosophe qui fait parler de lui dans des cercles d'‘'initiés'' et à plusieurs titres. D'ailleurs, en début mai 2026, il a publié une œuvre intitulée « Le temps en théorie conique », une concep

À quoi sert la philosophie, n'est-elle pas désuète dans le monde actuel, comment peut-elle accompagner la vie au quotidien de la société et, partant, contribuer au processus de développement ? C'est autour de ces questionnements que Lefaso.net a échangé avec Sarof Salif Komi, ce jeune philosophe qui fait parler de lui dans des cercles d'‘'initiés'' et à plusieurs titres. D'ailleurs, en début mai 2026, il a publié une œuvre intitulée « Le temps en théorie conique », une conception nouvelle qui prend le contre-pied de la vision traditionnelle du temps, selon laquelle l'on part du passé vers le futur en passant par le présent. Pour le Burkinabè Sarof, « le temps évolue du futur pour le passé et non le contraire ». C'est de tout cela qu'il est question dans cette interview de Sarof Salif Komi. Lecture… ! Lefaso.net : Le 9 mai dernier, vous dédicaciez un essai philosophique sous le titre évocateur : « Le temps en théorie conique ». Mais avant d'entrer dans le vif de ce sujet, dites-nous, qui est Sarof Salif Komi et quelle est la motivation l'ayant conduit à l'étude de la philosophie, surtout dans un contexte où ces filières tendent à être reléguées au second rang ? Sarof Salif Komi : À l'état civil, c'est Komi Salif. Sarof, c'est mon nom d'artiste ou d'écrivain. Quant à la motivation, je dirai que ce n'est pas un choix délibéré de m'orienter vers la philosophie. La philosophie s'est imposée à moi ; c'est-à-dire qu'il y a l'observation des phénomènes qui se passent autour de nous : la réalité, tout ce qui est lié à l'existence, à l'énergie et à l'espace. Cela a suscité en moi, souvent, un questionnement, peut-être dû à mes lectures. Mais cette graine-là n'est pas semée volontairement, mais c'est un facteur extérieur, une cause externe à ma conscience. Cela émane des aprioris du langage, entre autres, quant à la question du temps. Voilà, c'est ce qui a motivé mon orientation philosophique. Pourquoi une orientation, qui de plus en plus, devient désuète ? Je dirais que la tendance vers des filières techniques n'est pas une négation de la philosophie. Il faut aussi remarquer que la philosophie est la mère de toutes les sciences. Comme pour paraphraser Descartes, quel que soit le domaine que nous entreprenons, je pense qu'il y a l'usage de la raison. Cela, c'est le moteur, le guide, le dénominateur principiel propre à tous les êtres humains. Donc, je ne pense pas que la philosophie soit désuète, je ne pense pas qu'elle sera désuète, tant qu'elle est l'usage de la raison. À partir de quel moment avez-vous pris la résolution de vous orienter en philosophie ? D'abord, après le baccalauréat, c'est plutôt une filière d'études anglophones que j'ai suivie à l'université de Ouagadougou, devenue université Joseph Ki-Zerbo, en hommage à l'illustre historien. Donc, pendant mon master 1, en quatrième année, j'ai entrepris une carrière d'enseignant. D'abord enseignant de français et d'anglais dans les lycées et collèges, puis uniquement l'anglais au premier et au second cycles. Par la suite, j'ai entrepris quelques voyages, qui font partie de mes passions : la musique, l'entreprenariat, etc. J'ai également commencé à m'intéresser à la philosophie. Pas que c'était un commencement véritable, puisque depuis le lycée, l'amour pour cette discipline était en moi, mais germait. Mais de façon rigoureuse et sérieuse, il fallait étudier l'histoire de la philosophie, connaître les grands courants de pensée. Je peux dire que cela a commencé précisément en 2004, où j'ai pris cette orientation de façon sérieuse. Mais quel commentaire pouvez-vous faire de cette opinion, qui a tendance à faire croire que les matières littéraires, dont la philosophie, matière littéraire par excellence, sont théoriques, à la limite du superflu, elles n'apportent pas grand-chose au développement ? Je pense plutôt que cela témoigne, souvent, du manque de connaissances des gens, de ceux qui pensent ainsi. Que ce soit un téléphone portable ou une machine qu'on utilise, il est indéniable que c'est une conception humaine. Comme je l'ai dit précédemment, l'usage de la raison est un dénominateur commun. C'est aussi cela la philosophie ; elle permet à toutes les sciences de s'orienter. Parfois, par le biais de l'orientation, parfois de la recherche, mais toujours est-il que durant tout le parcours, tout le chemin, il y a l'usage de la raison. En d'autres termes, nier la philosophie ou nier l'usage de la raison, c'est dire qu'il n'existe pas d'innovation, il n'existe pas de progrès. Donc, l'un sans l'autre, je pense, est incomplet. Vous rappelez que la science est une conception humaine, mais aujourd'hui, le boom de l'environnement matériel, notamment l'intelligence artificielle, ne menace-t-il pas des branches comme la philosophie, en tant qu'entité de formation et de développement du capital humain ? D'abord, il faut dire que l'« intelligence artificielle » est une notion an

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