Téné Thérèse Hien, formatrice en communication empathique : « Les discours de haine tendent à exacerber les différences plutôt qu'à valoriser ce qui unit »

🚀 Uzay 📰 Burkina Faso 🕐 4 saat önce
Téné Thérèse Hien, formatrice en communication empathique : « Les discours de haine tendent à exacerber les différences plutôt qu'à valoriser ce qui unit »

À l'occasion de la Journée internationale de lutte contre les discours de haine, célébrée le 18 juin, Téné Thérèse Hien, experte et formatrice en communication empathique, livre une analyse éclairante sur les dangers des propos stigmatisants dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et sociaux. Entre responsabilité individuelle, rôle des réseaux sociaux, engagement des femmes et des jeunes, promotion du dialogue et de l'écoute, elle plaide pour une communication plus

À l'occasion de la Journée internationale de lutte contre les discours de haine, célébrée le 18 juin, Téné Thérèse Hien, experte et formatrice en communication empathique, livre une analyse éclairante sur les dangers des propos stigmatisants dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et sociaux. Entre responsabilité individuelle, rôle des réseaux sociaux, engagement des femmes et des jeunes, promotion du dialogue et de l'écoute, elle plaide pour une communication plus respectueuse de la dignité humaine. Pour elle, la paix et la cohésion sociale se construisent aussi à travers les mots que nous choisissons d'employer au quotidien. Interview ! Lefaso.net : Comment définir concrètement le discours de haine et à partir de quel moment une opinion ou une critique bascule-t-elle dans ce registre ? Téné Thérèse Hien : Le discours de haine peut être défini comme toute forme d'expression orale, écrite, d'images ou de messages diffusés sur internet, visant à attaquer, dénigrer, humilier, stigmatiser ou inciter à la discrimination, à l'hostilité ou à la violence. Ces discours vont à l'encontre d'une personne ou d'un groupe en raison de son identité, de son appartenance réelle ou supposée ; notamment son ethnie, sa religion, sa nationalité, son sexe, son origine sociale ou encore son handicap. Il est important de souligner que chacun a le droit d'avoir une opinion et d'exprimer des critiques, surtout lorsqu'elles visent à améliorer une situation. Cependant, la frontière est franchie lorsque l'on cesse de s'attaquer aux idées, aux comportements ou aux faits pour s'en prendre à la dignité même des personnes. Les discours de haine se manifestent notamment à travers les injures, les propos dégradants, les tentatives d'exclusion ou de marginalisation de certains groupes en raison de leur identité, ainsi que les appels à la violence ou à la haine. Ainsi, affirmer : « Je ne partage pas les idées de ce groupe » relève de la liberté d'expression. En revanche, déclarer que « tous les membres de ce groupe sont dangereux et doivent être éliminés » constitue un discours de haine, car une telle affirmation porte atteinte à la dignité humaine et peut mettre en danger l'intégrité physique des personnes visées. Dans un contexte comme celui du Burkina Faso, marqué par des défis sécuritaires et sociaux majeurs, cette distinction revêt une importance particulière. On peut ainsi résumer que la critique s'adresse aux idées, le discours de haine s'attaque à la dignité des personnes. Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et sociaux, quels sont selon vous, les principaux facteurs qui favorisent la propagation des discours de haine au sein des communautés ? Les discours de haine trouvent généralement leur origine dans un ensemble de facteurs qui s'entremêlent et se renforcent mutuellement. La peur et l'insécurité jouent un rôle majeur. Lorsque les populations vivent dans l'angoisse ou l'incertitude, elles ont tendance à rechercher des responsables à leurs souffrances. Cela peut conduire à la stigmatisation injustifiée de certains groupes ethniques, religieux, politiques ou sociaux, perçus à tort comme étant à l'origine des difficultés vécues. La désinformation et les rumeurs constituent également un terreau fertile. Les fausses informations, notamment lorsqu'elles circulent rapidement sur les réseaux sociaux, peuvent exacerber les préjugés, alimenter la méfiance et attiser les tensions entre communautés. Les préjugés et stéréotypes, souvent hérités ou entretenus par certains discours sociaux, contribuent aussi à renforcer les clivages et à légitimer des attitudes discriminatoires à l'égard de certains groupes. Les frustrations économiques et sociales, telles que le chômage, la pauvreté ou les inégalités, peuvent également pousser certaines personnes à chercher des boucs émissaires, en dirigeant leur colère vers des communautés perçues comme différentes. L'instrumentalisation politique ou idéologique représente un autre facteur important. Certains acteurs peuvent exploiter les tensions identitaires à des fins de mobilisation, de manipulation ou de conquête d'influence, utilisant ainsi les discours de haine comme un levier stratégique. Le manque d'éducation aux médias et à la citoyenneté rend par ailleurs certaines populations plus vulnérables, faute d'outils suffisants pour analyser et vérifier l'information de manière critique. L'affaiblissement du dialogue communautaire contribue également à l'installation de la méfiance. « Lorsqu'il n'existe plus suffisamment d'espaces d'échange entre les différentes composantes de la société, les incompréhensions et les tensions s'installent plus facilement » Enfin, les traumatismes liés aux conflits et aux violences peuvent engendrer des sentiments de colère, de peur ou de revanche qui, s'ils ne sont pas accompagnés, risquent d'alimenter des discours hostiles envers certains groupes. Au-de

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