Décision du Conseil constitutionnel : « honte à ceux qui célèbrent une victoire imaginaire », (Thierno Bocoum)
La décision du Conseil constitutionnel relative au recours introduit contre l’intégration de Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale a provoqué une vague de célébrations aussi bruyantes que juridiquement infondées. C’est une véritable honte que de célébrer le fait qu’une question constitutionnelle essentielle n’ait pas été examinée sur le fond. Une décision d’incompétence signifie uniquement que la […]
La décision du Conseil constitutionnel relative au recours introduit contre l’intégration de Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale a provoqué une vague de célébrations aussi bruyantes que juridiquement infondées.
C’est une véritable honte que de célébrer le fait qu’une question constitutionnelle essentielle n’ait pas été examinée sur le fond.
Une décision d’incompétence signifie uniquement que la juridiction saisie considère que le litige ne relève pas de son champ d’intervention. Elle ne constitue pas une approbation de l’acte contesté.
La véritable honte est de transformer une décision d’incompétence en prétendue consécration de la légalité.
Senego vit grâce à ses lecteurs, pas grâce aux annonceurs. Abonnez-vous : plus aucune publicité, sur le site comme sur l'application.
Cela étant dit, il serait injuste de ne pas saluer l’initiative des dix-huit députés qui ont décidé de porter cette affaire devant le Conseil constitutionnel.
Face à une situation institutionnelle inédite, ils ont refusé la résignation et ont choisi la voie du droit.
Pour autant, saluer leur initiative ne dispense pas d’une analyse juridique de la stratégie contentieuse adoptée.
De ce point de vue, la décision rendue aujourd’hui n’avait malheureusement rien d’imprévisible.
Dans une contribution publiée le 27 mai 2026 sous le titre « Face à l’absence de saisine du Président de la République : de la nécessité pour les députés de créer une jurisprudence », j’avais précisément attiré l’attention sur le risque procédural auquel les requérants étaient confrontés.
J’avais précisé que le recours que les députés de l’opposition devraient introduire ne devait pas être un recours en annulation d’un acte parlementaire interne.
Dès lors que la saisine visait, d’après le Conseil « à déclarer contraire à la Constitution la décision du 24 mai 2026 par laquelle le Bureau de l’Assemblée nationale a procédé à l’intégration de Monsieur Ousmane Sonko au sein de cette institution en tant que député », le risque était grand de voir le débat se déplacer vers une question de compétence plutôt que vers cette interrogation constitutionnelle fondamentale.
Le Conseil constitutionnel a examiné sa compétence pour connaître de l’acte qui lui était soumis et a conclu qu’il n’était pas le juge compétent.
Une autre approche était cependant envisageable. C’est celle que j’avais proposée en invitant à articuler le recours autour de la question préalable de la validité constitutionnelle du mandat parlementaire lui-même plutôt qu’autour de la seule décision du Bureau de l’Assemblée nationale.
Une telle démar
📌 Kaynak
Bu haber XML kaynağından derlenmiştir. Tamamı için orijinal habere gidin.
Orijinal haberi oku →