« Ne pas dépendre des autres » : l’Europe dévoile son nouveau plan d’urgence pour les puces IA

💰 Ekonomi 📰 Numerama 🕐 1 gün önce
« Ne pas dépendre des autres » : l’Europe dévoile son nouveau plan d’urgence pour les puces IA

Face à l'explosion de l'IA et aux coups de pression géopolitiques mondiaux, l'Europe accélère sa mue industrielle. La Commission a dévoilé le Chips Act 2.0 : une mise à jour stratégique taillée pour libérer la production de puces souveraines, connecter les usines et briser les dépendances technologiques.

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Trois ans après l’adoption de l’European Chips Act, qui visait officiellement à doubler la part de l’Europe dans la production mondiale des semi-conducteurs, pour la faire passer d’environ 10 % à 20 % d’ici à 2030, il est déjà temps de le mettre à jour. Ce 3 juin 2026, la Commission européenne a en effet présenté un nouveau texte : le Chips Act 2.0.

Cette législation en devenir, qui s’inscrit dans un plan d’ensemble plus large (avec, en plus, un Cloud & AI Development Act ainsi qu’une stratégie Open Source et une feuille de route stratégique pour la numérisation et l’IA dans l’énergie), ne vise pas ici à réviser à la hausse ou à la baisse ce pourcentage. Il est plutôt question d’accélérer et de lever de nouvelles contraintes.

Et si Bruxelles veut autant appuyer sur l’accélérateur, c’est que le marché des semi-conducteurs change radicalement de dimension : le marché était évalué à 595 milliards d’euros en 2025. Il devrait passer la barre notable des 1 000 milliards d’ici à 2030, en raison du dynamisme de l’IA et de la numérisation continue de la société.

L’intelligence artificielle, d’ailleurs, est la principale locomotive : dans les chiffres mis en avant par la Commission, il est estimé que les composants liés à l’IA représenteront plus de 70 % du marché global des puces à la fin de la décennie. Or, l’Europe brille par son absence dans le design et la fabrication des puces (ARM est certes britannique, mais est sortie de l’UE).

Certes, le Vieux Continent a pour lui ses laboratoires de recherche ainsi que certains fleurons — à commencer par ASML, société néerlandaise dont le savoir-faire en lithographie extrême ultraviolet est envié dans le monde entier. Mais pour ce qui est de la conception et de la production, c’est plutôt du côté des États-Unis et de l’Asie qu’il faut regarder.

Or, la maîtrise de l’IA passe aussi par la maîtrise des puces. Une image qui est en effet généralement retenue est celle d’une intelligence artificielle se composant de plusieurs couches : l’énergie, les puces, les data centers, les modèles et les applications. Pour résoudre la question de la souveraineté de l’IA, il faut se pencher sur la situation de ces cinq couches.

Un sujet compris par Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission : « Nous ne pouvons pas nous permettre de dépendre des autres pour les technologies qui font

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