Abdoulaye Wade, ou la grandeur d’un destin sénégalais (Par Amadou BÂ)

💻 Teknoloji 📰 Senego (SN) 🕐 10 saat önce
Abdoulaye Wade, ou la grandeur d’un destin sénégalais (Par Amadou BÂ)

Le Sénégal s’apprête à célébrer, les 4 et 5 juin prochain, le centième anniversaire de la naissance d’Abdoulaye Wade. Cette commémoration nationale dépasse de loin l’hommage protocolaire. Elle nous offre, à nous Sénégalais, l’occasion de méditer sur ce que fut l’un des destins politiques les plus singuliers et les plus instructifs de notre histoire contemporaine. […]

Le Sénégal s’apprête à célébrer, les 4 et 5 juin prochain, le centième anniversaire de la naissance d’Abdoulaye Wade.

Cette commémoration nationale dépasse de loin l’hommage protocolaire. Elle nous offre, à nous Sénégalais, l’occasion de méditer sur ce que fut l’un des destins politiques les plus singuliers et les plus instructifs de notre histoire contemporaine.

Je n’ai pas appartenu à la formation politique du Président Wade. Mais comme beaucoup de Sénégalais de ma génération, j’ai été le témoin attentif d’un parcours dont je voudrais, à l’approche de ce centenaire, dégager quelques traits qui me paraissent essentiels.Abdoulaye Wade fut d’abord, et pendant un quart de siècle, un opposant. Vingt-six années passées à porter une parole alternative dans un pays où le pluralisme politique se construisait pas à pas, parfois durement. Cette longue patience d’opposant n’est pas une parenthèse de sa carrière ; elle en est la matrice.

C’est dans cette épreuve qu’il a forgé sa stature, construit sa pensée, et patiemment éduqué son peuple à l’alternance possible.

Cette longue endurance ne fut pas un long fleuve tranquille. Comme nombre d’opposants de sa génération, Abdoulaye Wade a connu, à plusieurs reprises, l’épreuve des cellules de la République. Il en est sorti chaque fois sans haine, et a poursuivi son combat dans le cadre des institutions. Cette constance dans l’épreuve fait partie de ce qui a forgé l’homme d’État qu’il est devenu.

Une première leçon se dégage de cette longue endurance. Abdoulaye Wade nous rappelle qu’une grande trajectoire politique se construit dans la durée, qu’elle suppose une endurance morale autant qu’intellectuelle, et qu’elle ne se mesure pas à la vitesse de l’ascension mais à la solidité des convictions.

Une deuxième leçon, plus inattendue, mérite d’être rappelée en cette année de commémoration. À deux reprises au cours de ses longues années d’opposition, Abdoulaye Wade a accepté d’entrer dans le gouvernement de son adversaire politique, le Président Abdou Diouf. Une première fois d’avril 1991 à octobre 1992. Une seconde fois de mars 1995 à mars 1997. Comme ministre d’État, c’est-à-dire avec le rang protocolaire et l’autonomie d’arbitrage qui distinguent cette fonction des autres responsabilités gouvernementales.

Ces deux passages au gouvernement ont longtemps été discutés, par ses adversaires comme par certains de ses partisans. L’histoire a tranché. Loin de disqualifier Abdoulaye Wade, ces deux parenthèses gouvernementales ont enrichi sa stature d’homme d’État, démontré sa capacité à exercer, et préparé son accession à la

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