Santé-sécurité au travail : Un forum africain du 2 au 4 juillet 2026
Prévu du 2 au 4 juillet 2026 à Ouagadougou, le Forum africain des innovations en santé, sécurité et du bien-être au travail (AFRISST) s'annonce comme un rendez-vous inédit en Afrique de l'Ouest. Organisé par le cabinet Sahelors Consulting et l'agence Arobase Communication, il ambitionne de réunir, en un même espace, des acteurs de la prévention des risques professionnels : médecins du travail, responsables HSE, chercheurs universitaires, décideurs publics, fournisseurs de tec
Prévu du 2 au 4 juillet 2026 à Ouagadougou, le Forum africain des innovations en santé, sécurité et du bien-être au travail (AFRISST) s'annonce comme un rendez-vous inédit en Afrique de l'Ouest. Organisé par le cabinet Sahelors Consulting et l'agence Arobase Communication, il ambitionne de réunir, en un même espace, des acteurs de la prévention des risques professionnels : médecins du travail, responsables HSE, chercheurs universitaires, décideurs publics, fournisseurs de technologies et institutions internationales. Dans cet entretien, le Dr Sounkalo Djibo décrypte les fondements scientifiques et stratégiques de l'événement, ses implications pour les entreprises africaines et les ambitions normatives portées par la Charte de Ouagadougou. Lefaso.net : Le forum AFRISST porte un nom ambitieux : « forum africain des innovations technologiques en santé, sécurité et bien-être au travail ». Qu'est-ce qui justifie ce positionnement à l'échelle continentale, et pourquoi Ouagadougou a-t-elle été retenue comme ville hôte de cette première édition ? Dr Sounkalo Djibo : Le choix du terme « africain » n'est pas rhétorique. Il traduit une conviction fondamentale : les solutions aux problèmes de Santé-sécurité au travail (SST) en Afrique ne peuvent être uniquement importées des référentiels normatifs européens ou nord-américains. Prenons un exemple concret : les Valeurs limites d'exposition professionnelle (VLEP) à la chaleur qui sont définies par la directive européenne sur le stress thermique ont été calibrées pour des contextes climatiques et physiologiques différents des nôtres. Or, en Afrique subsaharienne, les travailleurs évoluent dans des environnements où la température humide, mesurée par l'indice WBGT (Wet Bulb Globe Temperature), dépasse régulièrement 30 à 33 °C dans les ateliers ou sur les chantiers miniers. Il nous faut donc des cadres conceptuels et des outils d'évaluation adaptés à ces réalités. Quant au choix de Ouagadougou, il s'explique à la fois par la densité du tissu industriel et minier de la région et par la dynamique institutionnelle autour de la SST qui se développe au Burkina Faso depuis plusieurs années. La présence de sites miniers aurifères de classe mondiale, la montée en compétences des services d'hygiène-sécurité dans les grandes entreprises et la structuration progressive du corps des médecins du travail créent un terreau favorable pour un tel événement. Ouagadougou est aussi un carrefour logistique et diplomatique pour l'espace UEMOA, ce qui facilite la mobilisation des institutions régionales. Quel diagnostic pouvez-vous faire sur l'état actuel de la culture SST dans les entreprises africaines, notamment dans les secteurs miniers et industriels ? Le diagnostic est contrasté. D'un côté, on observe une montée en maturité réelle dans les entreprises multinationales et les opérateurs miniers : des systèmes de management OHSAS 18001 ou ISO 45001 y sont déployés, des responsables HSE qualifiés sont recrutés, des indicateurs de performance SST sont suivis au niveau des directions générales. De l'autre, la grande majorité des entreprises, y compris parmi les PME formelles, n'ont pas encore intégré la prévention comme une composante de leur stratégie de performance globale. Ce que j'appelle la « maturité SST » peut être évaluée sur quatre niveaux : le niveau réactif, où l'entreprise gère les accidents après qu'ils surviennent ; le niveau conformité, où elle respecte la réglementation nationale minimale ; le niveau proactif, où elle anticipe et prévient les risques ; et enfin le niveau de l'excellence SST, où la prévention est pleinement intégrée à la culture organisationnelle. En Afrique francophone, la majorité des entreprises se situent encore aux niveaux 1 et 2. AFRISST veut accélérer cette trajectoire vers les niveaux 3 et 4 en fournissant les outils conceptuels, les retours d'expériences terrain et les ressources technologiques nécessaires. Quatorze ateliers thématiques sont annoncés. Pouvez-vous nous donner un aperçu de l'architecture scientifique du programme et des axes prioritaires retenus ? Le programme est structuré autour de cinq axes scientifiques majeurs, qui correspondent aux grandes familles de risques professionnels identifiés dans le contexte africain. Le premier axe porte sur les risques physiques et biomécaniques. Il couvre notamment les Troubles musculo-squelettiques (TMS), qui constituent l'un des principaux motifs d'arrêt de travail et d'incapacité permanente partielle dans l'industrie. Le deuxième axe concerne les Risques psychosociaux (RPS) et la santé mentale au travail. C'est un terrain encore peu exploré dans notre région, mais dont l'importance est considérable. Le modèle de Karasek — qui analyse l'interaction entre les exigences psychologiques du travail, la latitude décisionnelle et le soutien social — et le modèle Effort-Récompense de Siegrist nous fournissent des g
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