La biodiversité des insectes, socle invisible de nos agrosystèmes et de notre sécurité alimentaire
À l'occasion de la Journée internationale de la biodiversité du 22 mai 2026, un témoignage qui met en lumière le rôle principal des plantes en interaction avec la biodiversité des insectes dans le fonctionnement des agroécosystèmes et la sécurité alimentaire au Sahel Chaque 22 mai, la communauté internationale célèbre la Journée internationale de la biodiversité. Cette année, le thème retenu par la Convention des Nations Unies est « Biodiversité : planifier avec la nature ».
À l'occasion de la Journée internationale de la biodiversité du 22 mai 2026, un témoignage qui met en lumière le rôle principal des plantes en interaction avec la biodiversité des insectes dans le fonctionnement des agroécosystèmes et la sécurité alimentaire au Sahel Chaque 22 mai, la communauté internationale célèbre la Journée internationale de la biodiversité. Cette année, le thème retenu par la Convention des Nations Unies est « Biodiversité : planifier avec la nature ». Parmi cette biodiversité un règne entier reste trop souvent dans l'ombre : celui des insectes. Pourtant avec plus d'un million d'espèces décrites (soit 75 % du règne animal) les insectes sont partout et conditionnent tout. Ils pollinisent nos cultures, régulent nos ravageurs, fertilisent nos sols et maintiennent l'équilibre de nos écosystèmes. Sans eux nos systèmes alimentaires s'effondrent. C'est précisément ce que nos recherches menées au Burkina Faso deux espèces ligneuses à usages multiples (Moringa oleifera et Piliostigma reticulatum) nous ont montré : la biodiversité des insectes n'est pas un détail scientifique mais le fondement silencieux de notre survie. Une diversité invisible au cœur de notre alimentation Les insectes représentent environ 50 % de tous les organismes vivants sur Terre et regroupent 75 % du règne animal. Par leur abondance et leur diversité ils constituent une composante essentielle de la vie terrestre. Entre 5 et 8 % de la production agricole mondiale est directement attribuable à la pollinisation par les insectes. Ce que révèlent les recherches de terrain : le rôle écologique majeur de Moringa oleifera et Piliostigma reticulatum dans la biodiversité des insectes au Sahel. Les recherches menées en milieu sahélien mettent en évidence l'importance écologique de certaines espèces ligneuses locales, notamment Moringa oleifera (appelé Ardjina yiiri en dioula, Arzantiiga en mooré ou arbre de vie en français) et Piliostigma reticulatum (couramment nommé Banra en mooré, Barkereyi en Peul, pieds de chameau en français). Au-delà de leur valeur alimentaire, fourragère ou socioéconomique, ces deux espèces jouent un rôle central dans le maintien de la biodiversité entomologique et dans le fonctionnement écologique des agroécosystèmes sahéliens. L'étude de l'entomofaune florale de Piliostigma reticulatum a révélé une richesse entomologique remarquable. Au total, 30 familles d'insectes réparties dans 10 ordres — Lépidoptères, Coléoptères, Hémiptères, Hyménoptères, Diptères, Orthoptères, Homoptères, Ensifères, Dermaptères et Dictyoptères — visitent les fleurs de cette espèce. Ces résultats montrent que P. reticulatum constitue à la fois un habitat, une source de nourriture et un site de reproduction pour une grande diversité d'insectes : pollinisateurs, auxiliaires agricoles, recycleurs de matière organique et visiteurs floraux. Les analyses démontrent également que cette espèce n'est inféodée à aucun pollinisateur exclusif. Sa stratégie écologique repose plutôt sur une guilde diversifiée d'insectes aux niches temporelles complémentaires. Sa longue période de floraison, pouvant atteindre plus de quatre mois, assure une disponibilité continue en nectar et en pollen pour les communautés d'insectes locales. Ainsi, Piliostigma reticulatum apparaît comme une véritable espèce-clé des agroécosystèmes sahéliens dont les fonctions écologiques dépassent largement les usages directs connus des populations rurales. Les travaux réalisés sur Moringa oleifera confirment également cette forte contribution à la biodiversité des insectes. Les fleurs de moringa constituent une ressource nectarifère majeure pour de nombreux pollinisateurs notamment les abeilles, les syrphes et plusieurs espèces de papillons. L'arbre héberge aussi une diversité importante d'insectes utiles et d'espèces phytophages traduisant l'existence d'interactions biologiques complexes au sein des systèmes agricoles sahéliens. Les principales familles d'insectes pollinisatrices identifiées sur le moringa appartiennent notamment aux Apidae, Nymphalidae, Syrphidae et Sphecidae. Les observations ont mis en évidence une couverture de pollinisation continue entre juillet et septembre, avec une synchronisation remarquable entre le pic de floraison du moringa observé en août et le pic d'activité des insectes pollinisateurs. La répartition des visites florales au cours de la journée révèle également une complémentarité temporelle entre les groupes d'insectes optimisant ainsi l'efficacité de la pollinisation. Ensemble, ces études démontrent que Moringa oleifera et Piliostigma reticulatum constituent de véritables « carrefours biologiques » pour l'entomofaune sahélienne. Au-delà de leur production de feuilles, de fleurs ou de biomasse fourragère, ces espèces végétales assurent le maintien d'un réseau diversifié d'insectes associés indispensable au fonctionnement écologique et à l'équilib
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