Felwine Sarr et Mbougar Sarr : le désenchantement après l’engagement

📌 Diğer 📰 Senego (SN) 🕐 3 saat önce
Felwine Sarr et Mbougar Sarr : le désenchantement après l’engagement

Deux ans après l'alternance, Felwine Sarr et Mohamed Mbougar Sarr expriment leur déception face à la gouvernance de Pastef. L'économiste admet que le tandem espéré a montré ses limites, tandis que l'écrivain parle d'un mandat déjà quasi perdu.

Deux ans après avoir contribué à la bataille culturelle qui a porté Pastef au pouvoir, deux figures intellectuelles majeures, Felwine Sarr et Mohamed Mbougar Sarr, expriment aujourd’hui leur désillusion. Dans des déclarations récentes, le lauréat du Prix Goncourt dépeint un pouvoir où « tout paraît médiocre et sans hauteur », évoquant un « mauvais théâtre » au sommet de l’État et redoutant un mandat « quasi perdu ». De son côté, l’économiste Felwine Sarr admet que le tandem qu’il espérait voir fonctionner a montré ses limites.

Ce constat amer marque une rupture symbolique. Pendant des années, les deux intellectuels avaient dressé un portrait sans nuance de l’ancien président Macky Sall, dépeint comme un autocrate insensible aux libertés. Leur parole, portée par une aura médiatique, avait contribué à installer dans l’opinion l’idée d’un régime illégitime, ouvrant la voie à l’alternance. Aujourd’hui, leur prise de parole tardive ressemble davantage à un désenchantement qu’à une autocritique, selon l’analyse d’Alioune Badara Coulibaly, porte-parole de l’APR, rapportée par afriquemidi.

La question qui se pose est celle de la responsabilité intellectuelle. Lorsque des figures publiques s’engagent, mobilisent leur crédibilité et influencent une génération au nom d’un idéal de rupture, peuvent-elles se contenter deux ans plus tard d’un constat amer ? Beaucoup se souviennent que durant les épisodes les plus tendus de la vie politique nationale, certaines violences attribuées aux partisans de Pastef n’avaient pas suscité la même vigueur critique de la part de ces voix respectées. Ce décalage donne l’impression d’une indignation sélective.

Dans un éditorial récent (Senego, 4 juin 2026), Pape Diogoye Faye critiquait déjà la légitimité de Mohamed Mbougar Sarr à juger la gouvernance, estimant que le talent littéraire ne confère pas une expertise en matière de gouvernance. L’écrivain, selon lui, pose un jugement définitif sur une alternance arrivée au pouvoir il y a à peine deux ans.

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