[Tribune] Iboga : le monde se prépare à gagner des milliards. Que restera-t-il au Gabon ?
Pendant que les laboratoires pharmaceutiques du Nord comptent leurs milliards et que les brevets s’accumulent dans des serres israéliennes ou des universités américaines, le Gabon regarde passer le train. L’iboga, plante sacramentelle dont les forêts gabonaises sont le berceau mondial, est en train de changer de mains. Les intentions d’achat d’ibogaïne ont bondi de plus de 145 % depuis les annonces américaines d’avril 2026 : la ruée est lancée. Et le pays d’origine risque for
L'iboga, plante sacrée originaire des forêts gabonaises, suscite une convoitise internationale sans précédent, portée par une hausse spectaculaire de la demande en ibogaïne. Alors que des laboratoires et des institutions occidentales déposent des brevets lucratifs, le Gabon peine à protéger ses ressources naturelles et son héritage culturel. Yann Guignon, expert franco-gabonais, dénonce une exploitation qui marginalise les communautés locales, gardiennes ancestrales de la plante.
Sur le terrain, les populations autochtones font face à une raréfaction inquiétante de l'iboga, rendant la pratique des cérémonies traditionnelles de plus en plus difficile. La multiplication des circuits commerciaux informels et la baisse de qualité des produits disponibles soulignent l'urgence d'une régulation. Sans une intervention structurée, le pays risque d'être totalement dépossédé de cette richesse biologique alors que le marché mondial continue de se développer rapidement.
Cette situation illustre les enjeux critiques de la biopiraterie et de la protection des savoirs traditionnels face aux intérêts financiers de l'industrie pharmaceutique mondiale.
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